CHAMANISME SIBERIEN ET PROCESSUS INITIATIQUE

Posted septembre 7th, 2009 by admin

Tout ce qui concerne le chamanisme authentique est une affaire sérieuse, tenue secrète par les chamanes eux-mêmes, et très fermée à toute divulgation.

A l’heure actuelle, il ne subsiste que très peu de vrais chamanes en Sibérie – principalement dans l’Altaï, la Touva et la Kakhasie. Ils vivent dans des lieux très difficiles d’accès et n’échangent pratiquement pas avec le monde extérieur, dans le but de conserver leur Force et leur pouvoir, et d’éviter d’appauvrir leur propre information en la divulguant.

De sorte que tout le chamanisme qui se donne à voir à découvert n’est en fait que techniques superficielles ou démonstrations obéissant le plus souvent à des fins commerciales. Les « chamanes « qui se réunissent pour pratiquer en groupe et publiquement espèrent combler leur manque de force en se regroupant. Le vrai chamane, au contraire, s’isole afin que personne ne lui vole sa force.

Dans l’Altaï, il y a encore quelques chamanes initiés qui transmettent leurs connaissances à de très rares élèves de leur choix, en qui ils ont reconnu la capacité de pouvoir accéder à leur « Corps de Lumière ».

Le processus initiatique

A l’origine, il y a 120.000 ans, les chamanes avaient un corps de feu. Des problèmes ayant surgi dans leur monde, ils sont venus se cacher dans notre monde, où ils ont rencontré de graves difficultés liées à leur matérialisation dans ce monde.

Un chamane ne peut disposer de la Force, que s’il détient les 49 corps subtils, qui sinon vivent séparés et sans conscience.

Le travail d’acquisition du « Corps de Lumière » se pratique dans la solitude absolue d’un lieu reculé, coupé de tout – généralement une grotte- pendant 1 mois lunaire, sans rien manger et avec très peu d’eau.

Il y a deux techniques de base :

- attraper son souffle ;

- attraper sa conscience.

1) Attraper son souffle

C’est acquérir son propre centre et le réunir avec ses reflets qui vivent séparément – ses doubles.

Pour pouvoir travailler avec ses 49 corps, le futur chamane réduit sa respiration, crée un certain rythme respiratoire dans son centre et plonge à l’intérieur de son corps.

La respiration devient externe et les 49 corps peuvent se manifester. Ils sont subordonnés aux structures du monde démoniaque.

En réunissant ces 49 corps, le futur chamane les libère des mondes démoniaques. Mais réussir dans cette entreprise n’est pas donné à tout ceux qui la tentent – la plupart deviennent fous et/ou meurent.

2) Partir à la chasse de sa propre conscience.

Ceux qui ont franchi la 1 ère étape doivent ensuite entrer dans un processus d’auto construction, dont le but est la création de quelque chose qui soit en mesure de subordonner le monde démoniaque.

Le futur chamane doit obliger ses 49 corps à travailler au rythme de sa conscience et il doit gouverner lui-même toutes ces structures, sans plus avoir aucun point faible à travers lequel les démons pourraient l’atteindre.

Il doit savoir travailler avec tous les centres énergétiques du Canal du bas et en affronter les risques.

Une fois que les 49 corps sont rassemblés et que la conscience est créée, le chamane développe les 7 plans de relation avec le monde; ces plans sont liés aux chakras, mais l’un d’eux est beaucoup plus bas et s’inscrit dans une hiérarchie qui utilise les plans démoniaques pour manipuler le monde humain.

Youri Lonshakov (extrait du séminaire du à Paris)

Le bouleau en phytothérapie sibérienne

Posted août 5th, 2009 by natka

Bouleau : Betula (famille des bétulacés)

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Bourgeons et feuilles de bouleau contiennent entre autres des flavonoïdes, de l’acide bétulique, du carotène, de la vitamine C et des éléments antibiotiques à effet bactéricide.

BOURGEONS

Les bourgeons du bouleau se ramassent au tout début du printemps jusqu’à éclosion – soit en les grappillant à la main, soit en coupant les branches, ensuite séchées en bouquets suspendus. Mais un ramassage trop précoce des bourgeons, avant qu’ils n’aient gonflé, n’est pas recommandé, car alors ils détiennent moins de propriétés thérapeutiques.

Décoctions

En médecine populaire, on prescrit les décoctions de bourgeons de bouleaux comme diurétiques, agissant tant sur l’élimination rénale que sur le plan biliaire; également en cas de diarrhées et dysenterie . Les décoctions de chatons de bouleau ont les mêmes propriétés, et sont de plus prescrites comme entrant dans la composition de régimes anti-cancéreux.

Macérât

Pour éliminer les calculs rénaux, on utilise le macérât de bourgeons de bouleau dans la

vodka (concentration 10 à 20%) et on en prend 25-30 gouttes 4 fois par jour.

Infusions

-La préparation préconisée en Sibérie est la suivante: une cuiller à café de bourgeons de bouleau dans un demi verre d’eau bouillante, à laisser infuser pendant une heure. Boire une cuillerée à soupe 2 à 3 fois par jour.

Décoction préconisée par Victor Zalojnov:

Prendre 1 cuillère à soupe de bourgeons et les jeter dans une casserole contenant 1 litre d’eau bouillie. Faire chauffer à petits bouillons 4 à 5 minutes environ et laisser infuser 1/2 heure à quelques heures.
Consommer le litre dans la journée.
Active la vitalité cellulaire,reminéralise et nourrit les cellules, riche en vitamine C, participe à la décontraction du mental.
Très agréable à boire, les cellules se réjouissent et dansent de contentement!

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FEUILLES

Leur ramassage s’effectue en période de floraison de l’arbre lorsqu’elles sont jeunes, collantes, parfumées. Leur séchage s’effectue sous abri bien aéré. Les feuilles sont étalées en fines couches et périodiquement retournées avec délicatesse.

Décoctions

Faire infuser une cuillère à soupe de feuilles émiettées dans un verre d’eau bouillante. Laisser reposer 30 minutes. Ajouter une pincée de bicarbonate de sodium, puis laisser reposer 6 heures. En boire une cuillère à soupe 4 à 5 fois par jour.

Favorise l’élimination rénale et fortifie.

ECORCE

Les bains de décoction d’écorce de bouleau sont recommandés pour traiter les eczémas aigus et chroniques.

SEVE

Le “jus de bouleau” hautement vitaminé et riche en micro-éléments est un excellent fortifiant. Il favorise l’élimination par voie urinaire. Débarrasse des vers intestinaux et des calculs rénaux et soigne les maladies du foie.

[Il est également utilisé dans la préparation du kwass.(boisson populaire russe)]

Prescription pour maladies intestinales, tuberculose, furonculose, angines, anémie, difficultés de cicatrisations (existe également en pommade), ulcérations.

Encore quelques recettes sibériennes :

LE REMEDE DU TONNEAU, comme antalgique (névralgies et autres douleurs)

On utilise des feuilles de bouleau fraîchement ramassées, qu’on dépose dans le fond d’un tonneau de bois et on pose un poids sur les feuilles. Lorsqu’elles commencent à se putréfier, on enlève le poids et on se plonge dans le tonneau de feuilles préalablement réchauffées : on y séjourne 30 à 40 minutes.

On répète la procédure plusieurs fois jusqu’à disparition des douleurs, en général pendant une à deux semaines .

PLAIES, ABCES, FURONCLES

Pour cicatriser les plaies profondes, soigner abcès et furoncles : on pose un pansement d’épaisses couches de feuilles et on les colle avec de la sève.

Pour les furoncles, on peut également appliquer une couche de l’écorce fine de l’arbre, la plus superficielle.

SYSTEME ENDOCRINIEN, FRIGIDITE

Les fleurs mâles (chatons) en décoction stimulent le système endocrinien en général, et en particulier la thyroïde, et soignent la frigidité féminine.

RESUMONS les différentes vertus médicinales du bouleau

comme arbre de souplesse

C’est un excellent anti-inflammatoire du système articulaire

comme arbre de régénérescence

Régulateur du métabolisme phospho-calcique, il stimule la fabrication de l’os.

C’est un excellent reminéralisateur de l’organisme

comme arbre de douceur

Au niveau du système digestif, il stimule rate et pancréas, et draine le foie .

Au niveau du système rénal, il draine les voies urinaires et élimine la rétention d’eau.

Au niveau du système respiratoire, c’est un excellent anti -inflammatoire.

Enfin, il draine aussi la peau.

Citons pour finir cette merveilleuse propriété du bouleau : c’est la première espèce d’arbre qui repousse spontanément suite à une violence vécue (tremblement de terre, éruption volcanique, accident nucléaire…) ; sous la finesse de son écorce se cache un bois dur, vigoureux qui a le pouvoir de se régénérer et d’affirmer l’énergie de vie, par delà la destruction.

Promenez-vous dans un bois de bouleaux et vous ressentirez certainement cette qualité de vitalité de l’espèce : il suffit de s’assoir, de méditer, pour sentir se dissoudre en douceur tous les stress accumulés; un sentiment d’harmonie, de réconciliation avec vous-même vous gagnera peut-être… Le bouleau dispense un spectre énergétique doux, Yin, dansant souplement…

BIBLIOGRAPHIE:

« Les trésors médicinaux de Sibérie Centrale » de V.V Teliatev (non traduit)

« целебныe клады Центральной Сибири » В. В. Телятев

Ouvrage recommandé par Volodia, « travnik » (травник) herboriste-guérisseur réputé, vivant dans un lieu reculé sur les bords du Lac Baïkal.

Mon voyage en Sibérie en juillet 2007

Posted juillet 24th, 2009 by admin

Texte de Jacques Schima

* Irkoutsk, le Lac Baikal Nord et l’île d’Olkhon.

desormais sur http://carnetdevoyage.fiaes-qigong.org/

Le bouleau dans le paysage et la culture sibériennes

Posted juillet 21st, 2009 by natka

bereza-petitReconnaissables à leurs troncs blancs et argentés, à leur feuillage vert-jaune doré frémissant au souffle du vent, les bouleaux poussent un peu partout en Russie. De magnifiques forêts de ces arbres s’étendent dans tout le sud de la Sibérie, à l’est comme à l’ouest du Lac Baïkal, tandis que plus au nord le bouleau se mélange à d’autres espèces caduques dans la taïga. On le rencontre aussi, poussant par bosquets épars, dans les steppes de la région d’Irkoutsk et en Bouriatie(Mongolie russe).

En Sibérie, les bouleaux étirent jusqu’à 20-30 mètres de hauteur la blancheur de leurs troncs lisses et soyeux et les vieux arbres développent à leur base une écorce épaisse assez profondément fendillée, de couleur gris noir.

 La longévité moyenne des bouleaux sibériens est de 150 ans et cet arbre fournit aux peuples sibériens sa belle écorce pour l’artisanat populaire domestique, ainsi que ses feuilles, bourgeons, sève et écorce comme précieux remèdes.

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De nombreuses peuplades sibériennes utilisent l’écorce de bouleau ( « beriezta » ), préalablement trempée pour l’assouplir , afin de fabriquer des masques rituels, des berceaux, plats ,assiettes, tabatières, seaux et pots à couvercles ( « touïas ») de toutes tailles, étanches et servant à la conservation des denrées alimentaires solides ou liquides. Ces ustensiles sont généralement travaillés et décorés avec des motifs géométriques, animaliers ou végétaux. On tresse également des pantoufles d’écorce aux vertus énergétiques certaines : plongez-y vos pieds éprouvés par une longue journée de marche, aussitôt vous sentirez se répandre une douce énergie relaxante et un profond bien-être vous gagnera progressivement !

Rarement un arbre a rendu autant de services aux hommes… On en fabrique également des palissades. La peau très fine située sous l’écorce a longtemps tenu lieu de parchemin, et encore aujourd’hui, les peintres populaires russes utilisent les ressources de l’écorce pour y figurer des paysages traditionnels.

De l’écorce, on a longtemps extrait une huile essentielle, base du célèbre parfum appelé “Cuir de Russie”, également utilisée pour le tannage des peaux.

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 Ajoutons aussi qu’en Sibérie, depuis les temps anciens jusqu’à nos jours, dans les traditionnelles « bania » (sauna) russes, les « veniki » (petits balais de branches de bouleau ) sont utilisés pour fouetter le corps afin d’activer la circulation des liquides, stimuler énergétiquement la peau et accélérer l’évacuation des toxines;

 Et, pour faire le pont entre les cultures, sachez aussi que:

- en latin, Betula – bouleau, vient de « batuere » : battre

en français, le bouleau est dénommé « bois à balais » (et aussi « arbre de Sagesse »).

 

 

par Natka

Chamanisme sibérien et vie quotidienne

Posted juillet 16th, 2009 by admin

la tradition de la viande séchée (Touva et Mongolie)

Dans les traditions culturelles des peuples de Sibérie, la présence de tous les Esprits du monde environnant se reflétait dans les aspects les plus simples de la vie quotidienne. La chasse, la préparation de la nourriture, la cueillette des plantes médicinales, la préparation des remèdes, la mort et la naissance d’un être humain s’accompagnaient toujours de rituels particuliers ; à leur base résidait une expérience accumulée pendant des siècles, issue de l’observation de l’environnement et des connaissances chamaniques acquises lors de la communication avec les Esprits.

 D’après ces représentations, la Terre et le Ciel, mais aussi le Soleil et la Lune, étaient les axes principaux qui, dans ce monde, soutenaient l’Homme et lui ouvraient l’accès à la Connaissance. Ces axes le nourrissaient de leurs énergies et régulaient leurs relations avec leurs Ancêtres, les Esprits et les Dieux.

L’Homme lui-même avait également son propre axe qui lui procurait la stabilité et une relative indépendance dans ce monde. L’existence de cet axe personnel distinguait l’être humain du monde animal. Elle lui offrait une certaine suprématie sur le monde du vivant et lui conférait par là-même une certaine responsabilité, le rendait comptable de ses actes vis à vis de ce monde .

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C’est ainsi par exemple que dans la Touva (cf carte de la Sibérie), seuls pouvaient consommer la viande d’un animal tué à la chasse ceux qui étaient capables d’aider son esprit à trouver le chemin vers sa source, en conservant toute l’expérience accumulée pendant sa vie ici-bas. Ce genre de rituel était accompli par les chamanes, mais en leur abscence ce travail revenait à la Terre, au Ciel et à leur disciple le Feu. On considérait que la Terre-Mère se chargeait du sort des animaux morts dans des conditions naturelles. Elle prenait le corps de l’animal, elle gardait pour elle une partie de son énergie, elle donnait l’autre partie aux Esprits et rendait au Ciel l’esprit de l’animal.

Lorsqu’on veut utiliser le corps de l’animal comme nourriture, en l’abscence d’ un chamane qui puisse parlementer avec la Terre, le Ciel et les Esprits – on le dépèce et on sépare la viande des os, puis on la débite  en fines lanières et on la suspend assez haut au-dessus du feu, de sorte qu’elle ne soit pas fumée, mais qu’elle sèche seulement à la chaleur du feu. Les os qui ont été retirés sont rendus à la Terre – on les enterre.

Les entrailles sont brûlées en guise d’offrande au Esprits, et une partie de la viande sert à nourrir les animaux. Le feu, lorsqu’il est doux, aide l’animal tué, car il lui apporte l’énergie supplémentaire nécessaire pour se libérer et trouver son chemin de retour.

                                                          Youri LONSHAKOV.

 Note de la trad. : Cette technique très saine de séchage de la viande est toujours partiquée en Mongolie (et bien sûr aussi dans des parties reculées de la Touva). C’est ainsi que les membres de la Fédération qui ont participé à l’expédition sur le Choumak (dans les monts Saian proches de la frontière mongole), ont pu manger de la viande de mouton séchée selon ce rituel ; transportée à cheval pendant une semaine dans des sacs de toile, sous le soleil et la pluie, elle n’a subi aucune altération . Trempée aux étapes pendant une heure ou deux pour être rehydratée, elle était ensuite introduite dans la cuisson de la soupe ou des céréales bouillies. C’était très bon et bien reconstituant!

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Carte des Peuples de la Sibérie

Posted juin 18th, 2009 by admin
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Cliquez sur la carte pour l’agrandir

 
 
 

Vues du Lac Baikal

Posted mai 29th, 2009 by admin

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A la découverte de la littérature sibérienne:

Posted mai 29th, 2009 by natka

Youri RYTKHEOU 

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Écrivain tchouktche, né à Ouelen en 1930, mort le 20 Mai 2008.
Toute son œuvre a été consacrée à l’histoire de son peuple, l’ethnie tchouktche, et puise dans la mémoire collective.
Il en évoque les moments heureux comme les étapes historiques tragiques et nous permet de pénétrer dans cet univers inoubliable .
Son art de romancier, très attachant, nous permet de plonger dans la magie et le quotidien des siens.

A découvrir absolument, si ce n’est déjà fait!

Bibliographie:

« Un rêve au début du brouillard » (Pygmalion, 1978)

« Unna » (actes Sud /Aventures, 2000)

« Le miroir de l’oubli » (id. 2004)

 Signalons spécialement deux de ses romans traitant du chamanisme:

« L’étrangère aux yeux bleus » (ibid. 2001)

« La bible tchouktche ou le dernier chamane d’Ouelen »(ibid. 2003)

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Littérature sur le chamanisme:

Posted mai 29th, 2009 by natka

« Chamane. Kyss, jeune fille des glaces. »       
Éditions errance. (26€)

 Cet ouvrage récent, collectif et pluridisciplinaire (médecins, archéologues et historiens) franco-russe, part de la découverte, en 2006 -en Iakoutie, entre le Baïkal et le détroit de Behring- d’une tombe de chamane datée de 1728, ainsi que de 60 autres tombes avec mobilier.

Il explore ce que furent le chamanisme et la vie dans la Iakoutie du 18e siècle d’une manière passionnante, assortie de belles photos, de superbes illustrations, plans, reconstitutions et cartes, et l’utilisation de techniques de recherche de pointe.

 Avis aux amateurs!

Visages de la Taïga

Posted avril 12th, 2009 by admin

« La taïga est la forêt parmi les forêts. Elle l’est, à l’extrême, dans sa part située en Yakoutie, au nord-est de la Sibérie.

taiga2bC’est d’ailleurs au iakoute que le russe aurait emprunté le mot même de taïga ; un mot lourd des sensations qu’il draine : vertige des grands fûts dressés, ivresse des solitudes sauvages que traversent des bêtes fugaces, angoisse du silence et des craquements qui le rompent, terreur obscure de menaces latentes. Un mot évocateur, aussi , d’un monde clos, insondable,  immense et glacé…

Grandiose forêt, tour à tour bruissante et ensommeillée, sombre et luisante, vacante et mouvante.[...]A travers les peuples traditionnels de Yakoutie, au-delà de leurs différences, la taïga apparaîtra comme une patrie où on se sent à l’aise, comme la source d’un intime bien-être…

La taïga est réputée pour être un haut lieu de ce phénomène déroutant qu’est le chamanisme. Elle est la terre d’origine du terme de « chaman » qui apparaît pour la première fois dans le récit qu’écrivit, de 1672 à 1675, un archiprêtre russe exilé, Avvakum. Voilà que le chef du convoi de déportation s’inquiète de l’avenir de l’expédition. Il s’adresse au chaman du campement toungouse traversé au passage. Le chaman se met à chamaniser, l’archiprêtre à prier…

Plusieurs décennies de régime soviétique pourchassent en Sibérie chamanes et chamanistes…Quand il s’effondre en1991, ses statistiques ne recensent plus que quelques vieux et vieilles chamans. Mais à l’évidence, quelque chose du chamanisme est demeuré dans les mémoires, dans les attitudes, dans les pratiques même.

…Pénétrer dans la taïga, plonger dans ses traditions, c’est assister à la naissance des principes du chamanisme… »

Extraits de l’introduction du livre « TAIGA, TERRE DE CHAMAN »
Garanger et Hamayon  (éd. Imprimerie Nationale)